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La Banque du Canada relève son taux à 2,5 %, sa première hausse depuis juillet 2023, et fait passer la lutte contre l'inflation avant les inquiétudes sur la croissance

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La Banque du Canada a relevé son taux directeur de 25 points de base, à 2,5 %, le 28 octobre, sa première hausse depuis juillet 2023, invoquant le risque que l'inflation tirée par l'énergie se diffuse plus largement dans l'économie.

La Banque du Canada a annoncé le 28 octobre qu'elle relevait son taux cible du financement à un jour de 25 points de base, à 2,5 %, le taux d'escompte passant à 2,75 % et le taux de rémunération des dépôts à 2,45 %. Il s'agit de sa première hausse depuis juillet 2023 et de son premier changement de politique depuis près d'un an, un tournant dans l'orientation de la politique monétaire canadienne.

L'inflation a motivé la décision

Dans sa déclaration, la Banque indique que l'inflation mesurée par l'indice des prix à la consommation se situe autour de 3 % depuis avril, atteignant 3,1 % sur un an en septembre, au-dessus de sa cible de 2 %. La persistance des prix élevés du pétrole en est le principal moteur : la Banque prévoit que l'inflation grimpera à environ 3,5 % d'ici la fin de l'année, s'établira en moyenne à 3 % en 2027 et ne reviendra à 2 % qu'à la mi-2028.

La Banque distingue l'inflation globale des tendances sous-jacentes. Hors essence, l'inflation s'établissait à 2,2 % en septembre, et les mesures de l'inflation fondamentale restent proches de 2 %. Son inquiétude ne porte pas sur la hausse de l'énergie elle-même, mais sur sa diffusion éventuelle : les entreprises ont jusqu'ici absorbé l'essentiel de la hausse des coûts des intrants, mais les enquêtes de la Banque laissent penser que la transmission aux prix s'accentuera au cours de la prochaine année, tandis que les prix élevés du carburant alourdissent les coûts de production et de transport et que les prix des intrants industriels et électroniques importés ont aussi augmenté.

Le marché s'y attendait, mais pas à l'unanimité

Un sondage Reuters mené du 21 au 23 octobre auprès de 34 économistes en a trouvé 19 qui prévoyaient une hausse de 25 points de base, une courte majorité ; la plupart prévoyaient aussi une autre hausse avant mars. Dans les jours précédant la décision, les marchés et les analystes avaient beaucoup spéculé sur l'issue, et les propos du gouverneur Tiff Macklem lors des réunions du Fonds monétaire international au début d'octobre, signalant sa méfiance face à des prix du brut durablement élevés, ont été lus comme un avertissement.

La croissance tient, mais les tarifs et le logement pèsent

Les perspectives de croissance de la Banque sont un peu meilleures qu'en juillet : elle prévoit une croissance de 1 % en 2026 et de 2 % en 2027 comme en 2028, l'investissement des entreprises, les exportations et les mesures budgétaires portant le rebond de 2027. Elle s'attend en même temps à ce que les nouveaux tarifs américains ralentissent l'activité au quatrième trimestre, que le logement reste relativement faible, que la croissance de la consommation se modère et que le chômage, stable autour de 6,5 % depuis plusieurs mois, reste à surveiller.

Confrontée à la fois à des risques pour la croissance et à des risques d'inflation, la Banque a choisi cette fois d'agir contre l'inflation. Sa déclaration indique qu'il pourrait être nécessaire de relever encore le taux directeur, mais que, compte tenu des incertitudes, le Conseil de direction a convenu de procéder avec prudence. Aucune trajectoire de hausses consécutives n'a été promise ; la prochaine étape dépendra des données.

Ce que cela change pour les ménages et les emprunteurs

Les prêteurs devraient relever leurs taux préférentiels à la suite de la décision, selon les comptes rendus de l'annonce. Cela augmenterait les paiements des emprunteurs à taux variable et les coûts d'intérêt pour les détenteurs d'hypothèques à paiements fixes et de marges de crédit hypothécaire. Pour les ménages qui remboursent une hypothèque ou utilisent une marge de crédit, l'effet de cette hausse se fera sentir au cours des prochains cycles de paiement.

Ce qu'il faudra surveiller

La prochaine annonce prévue de la Banque est fixée au 9 décembre. D'ici là, trois questions compteront : les prix de l'énergie continueront-ils de pousser l'inflation globale vers le haut, les entreprises répercuteront-elles leurs coûts sur les consommateurs comme le suggèrent les enquêtes de la Banque, et les progrès des négociations tarifaires entre les États-Unis et le Canada atténueront-ils la pression sur la croissance du quatrième trimestre ? Les réponses décideront si décembre apportera une nouvelle hausse, un statu quo ou une réévaluation.

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