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Carney détaille sa stratégie de sortie de la dépendance envers les États-Unis : l'UE d'abord, des limites pour la Chine, un rapprochement avec l'Inde

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Dans une entrevue au New York Times, M. Carney a présenté son plan pour réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis : un statut de « membre associé » de l'UE, des limites claires à la coopération avec la Chine (pas de liens poussés dans l'IA) et un rapprochement prudent avec l'Inde — tout en admettant qu'aucun ne remplacera la relation économique avec les États-Unis.

Pourquoi c'est important

Dans une vaste entrevue accordée au New York Times, Mark Carney a présenté son plan le plus détaillé à ce jour pour réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis : l'Union européenne comme partenaire prioritaire, des limites claires à la coopération avec la Chine et un rapprochement prudent avec l'Inde. C'est sa déclaration la plus importante sur le commerce et la politique étrangère depuis l'effondrement des pourparlers canado-américains le mois dernier.

Les points clés

Europe : après une visite au Parlement européen à Strasbourg la semaine dernière, M. Carney veut faire du Canada un « membre associé » de l'UE — un statut qui n'existe pas encore formellement. Il a reconnu la faible croissance du bloc, tout en le qualifiant de deuxième économie mondiale, affirmant que le Canada y est « sous-représenté » et qu'une « plus grande présence en Europe est une opportunité plus importante pour le Canada que la Chine ». Il a cité l'espace, l'approvisionnement en défense, la cybersécurité, l'intelligence artificielle et les produits pharmaceutiques comme axes de coopération, et souligné l'affinité culturelle : « Les Européens ne nous diront pas ce que nous devons mettre sur les pages d'accueil de Netflix ou Spotify » — une allusion directe aux pourparlers avec Washington, où les États-Unis s'étaient opposés à l'exigence canadienne de mise en valeur du contenu culturel canadien.

Chine : après la visite de M. Carney à Pékin en janvier, les deux pays ont proclamé un « partenariat stratégique », Pékin abaissant les droits de douane sur le canola canadien en échange de l'admission d'un nombre limité de véhicules électriques chinois à faible tarif. Minimisant les critiques de la Maison-Blanche, M. Carney a affirmé que l'accord canadien n'était « qu'une fraction du niveau de coopération entre les États-Unis et la Chine ». Il a souligné que « deux choses peuvent être vraies en même temps » — approfondir la coopération tout en restant vigilant face à l'ingérence étrangère — et a dit avoir convenu avec Xi Jinping de « lignes directrices claires sur la relation : où nous cherchons à coopérer, où nous ne nous attendons pas à coopérer ». Pas de coopération poussée dans l'IA ; l'agriculture, l'énergie propre et les services financiers offrent un potentiel, mais un assouplissement par la Chine des contrôles sur les flux de capitaux serait « très difficile ».

Inde : M. Carney s'est rendu en Inde plus tôt cette année, y a signé un accord sur l'uranium et s'attend à recevoir le premier ministre Narendra Modi en décembre. Les relations s'étaient rompues fin 2024 après que Justin Trudeau eut accusé le gouvernement indien d'être impliqué dans l'assassinat d'un dirigeant de la communauté sikhe en Colombie-Britannique, les deux pays rappelant leurs diplomates. M. Carney a affirmé que les autorités indiennes coordonnent désormais leurs actions avec le Canada pour « protéger les communautés », mais, interrogé sur la possibilité de garantir la fin des menaces visant les Canadiens d'origine indienne, il a répondu : « Je ne peux pas le garantir. »

M. Carney a reconnu qu'aucun de ces trois partenariats ne remplacerait à l'identique la relation économique unique et vaste entre le Canada et les États-Unis.

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