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Alors que l'émigration atteint un record, le Canada oriente les points d'Entrée express vers les emplois bien rémunérés

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Le Canada perd des résidents à un rythme record — 120 640 départs en 2025, un sommet depuis 1952 — tandis que les visas d'immigrant américains délivrés aux Canadiens augmentent malgré un recul mondial (le « +142 % » d'un seul mois doit être lu avec sa définition). La réponse d'Ottawa : dès le 3 novembre, Entrée express accorde des points supplémentaires à 186 professions bien rémunérées. Regard combiné sur les deux séries de données, chiffres vérifiés.

Des gens partent, et le gouvernement cherche à retenir les talents. Les données de Statistique Canada montrent que le nombre de personnes ayant quitté le Canada l'an dernier a atteint un sommet historique ; presque au même moment, le ministère de l'Immigration a annoncé que la grille de points d'Entrée express pencherait nettement vers les emplois bien rémunérés. En réunissant les deux, puis en revérifiant l'affirmation virale d'un « bond de 142 % » de l'immigration canadienne vers les États-Unis, le portrait complet de la concurrence pour les talents se dessine.

Le côté des départs

Selon Statistique Canada (tableau 17-10-0040-01), 120 640 personnes ont quitté le Canada en 2025, un record depuis le début des relevés en 1952, au-delà même du pic de la fuite des cerveaux des années 1960 ; l'émigration nette, après déduction des émigrants de retour, a aussi atteint un record, à 65 706. Précision importante : il s'agit des départs vers tous les pays du monde, et non des seuls départs vers les États-Unis.

Côté américain, le New York Times, analysant le 18 octobre les données du département d'État, a rapporté qu'environ 26 000 visas d'immigrant avaient été délivrés dans le monde en février 2026, soit environ la moitié de la moyenne mensuelle d'environ 52 000 visas avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Les délivrances ont reculé dans la plupart des régions ; le Canada est l'un des quelque 10 pays où elles ont augmenté.

Ce que mesure vraiment le « bond de 142 % »

Les fameux 142 % proviennent de ce même ensemble de données du département d'État : en février 2026, les visas d'immigrant délivrés aux Canadiens dépassaient de 142 % la moyenne mensuelle de 2023-2024. Mais un seul mois amplifie les variations : d'octobre 2025 à février 2026, la hausse en glissement annuel n'est que de 33 % — une tout autre échelle.

Tout tient à la définition : les « visas d'immigrant » ne sont que les visas de type carte verte délivrés par les consulats américains. La plupart des Canadiens qui partent travailler aux États-Unis voyagent avec un visa de travail ou régularisent leur statut depuis l'intérieur du pays, et n'apparaissent pas dans ce décompte. La base mensuelle étant petite, les pourcentages gonflent vite. Lire « 142 % » comme « le nombre total de Canadiens immigrant aux États-Unis a bondi de 142 % » n'est donc pas exact.

Le National Post a traité de la tendance le 23 octobre, en relayant l'avertissement du groupe civique Build Canada, qui souligne que 34 % des immigrants titulaires d'un doctorat quittent le Canada dans les 25 ans. Build Canada estime que des salaires américains plus élevés et des impôts plus bas font partie des raisons de cet attrait du Sud — une analyse et une position propres à ce groupe, rapportées ici sans prise de position.

La réponse d'Ottawa : des points orientés vers les emplois bien rémunérés

La ministre de l'Immigration, Lena Metlege Diab, a annoncé le 16 octobre à Kitchener, en Ontario, qu'à compter du 3 novembre, le système de classement global (CRS) d'Entrée express ajouterait un facteur d'intégration au marché du travail, plaçant résolument les nouveaux points bonis sur les professions bien rémunérées.

Au total, 186 professions sont admissibles. Les paliers ne dépendent pas du salaire de la personne candidate, mais du salaire médian national de sa profession : 1,3 fois, 1,5 fois et 2 fois la médiane nationale forment les trois paliers. Une offre d'emploi admissible donne droit à 50, 70 ou 100 points selon le palier.

Par la voie de l'expérience, au moins 12 mois d'expérience de travail canadienne dans une profession bien rémunérée ajoutent 20, 40 ou 70 points selon le palier, en sus des points existants liés aux années d'expérience (plafonnés à 80 points pour cinq ans). Le nouveau facteur est plafonné à 150 points au total, ou 140 avec un conjoint accompagnant ; la voie de l'offre et celle de l'expérience ne se cumulent pas — la plus élevée compte.

Il y a aussi un assouplissement : dès le 3 novembre, une offre d'emploi admissible n'aura plus besoin d'une étude d'impact sur le marché du travail (EIMT) pour donner droit aux nouveaux points. Rappelons que les points pour offre d'emploi avaient été entièrement supprimés le 25 mars 2025 ; ils ne reviennent que pour les professions bien rémunérées. Ce site a détaillé la réforme le jour de l'annonce et le lendemain ; les conditions publiées par IRCC font foi.

Et maintenant

Les nouvelles règles entrent en vigueur le 3 novembre. Les profils déjà dans le bassin d'Entrée express verront leur note recalculée automatiquement selon le nouveau système, et le ministère indique que les rondes d'invitations pourraient être suspendues jusqu'à deux semaines pendant ce recalcul. Lus à côté des chiffres des départs, le signal est clair : sous la pression de la fuite des talents, le Canada oriente sa sélection vers « bien rémunéré et susceptible de rester ».

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