Une ancienne responsable de l’ONU accuse la lauréate du Nobel Pillay d’avoir remis des noms de dissidents à la Chine

La lanceuse d’alerte de l’ONU Emma Reilly accuse publiquement l’ancienne Haut-Commissaire aux droits de l’homme et lauréate du prix Nobel de la paix 2026 Navi Pillay d’avoir transmis à la Chine les noms de plus de 50 dissidents pendant son mandat ; UN Watch a condamné l’attribution le même jour. Allégations uniquement, sans jugement sur leur véracité.
Pourquoi c’est important
Les accusations sont survenues au moment même de l’annonce du Nobel : le 9 octobre, le Comité Nobel norvégien a attribué le prix Nobel de la paix 2026 à Navi Pillay, juriste sud-africaine de 85 ans qui a été Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme de 2008 à 2014. Le même jour, Emma Reilly — avocate des droits humains ayant travaillé sous les ordres de Pillay et lanceuse d’alerte de l’ONU — a renouvelé publiquement ses accusations, et l’organisation UN Watch, basée à Genève, a publié une déclaration condamnant cette attribution. L’accusatrice vient de l’intérieur du système, ce qui donne à l’affaire sa valeur d’information.
Les accusations (déclarations publiques de Reilly)
Mme Reilly affirme que, pendant le mandat de Navi Pillay comme Haut-Commissaire aux droits de l’homme, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a transmis aux autorités chinoises les noms de plus de 50 dissidents, et qu’elle avait elle-même alerté en interne sur cette pratique dès 2013. Elle affirme aussi que des proches de ces dissidents ont témoigné devant un tribunal que des membres de leur famille avaient été intimidés, détenus arbitrairement, torturés, disparus, voire morts dans des camps, et que les employés ayant transmis les noms avaient été promus tandis qu’elle-même avait été licenciée pour avoir dénoncé les faits. Il s’agit là des accusations publiques unilatérales de Mme Reilly.
Ce que disent les autres parties
UN Watch a publié le 9 octobre une déclaration condamnant la décision du Comité Nobel ; son directeur exécutif Hillel Neuer a déclaré que le Comité devait des explications aux dissidents « dont les noms ont été remis à la Chine ». Le militant ouïghour des droits humains Dolkun Isa a également publié une déclaration, affirmant que des informations le concernant en tant que défenseur des droits humains avaient été partagées avec le gouvernement chinois sans son consentement — une « profonde trahison de la confiance d’une institution qui aurait dû nous protéger » — et exigeant de savoir qui avait autorisé ces divulgations. L’ONU a par le passé défendu cette pratique en affirmant que les personnes concernées avaient déjà publiquement annoncé leur participation et que des précautions avaient été prises ; au moment de la publication, aucune réaction publique de Navi Pillay elle-même à ces accusations renouvelées n’a été constatée.
Tout ce qui précède relève des accusations publiques et des déclarations des parties concernées. Ces accusations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante ; nous les rapportons comme des allégations, sans juger de leur véracité.
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