Lagos et Enugu, seuls États nigérians à couvrir leurs dépenses courantes avec leurs propres recettes, selon la Banque mondiale

Dans son Nigeria Development Update d'octobre 2026, la Banque mondiale relève que seuls Lagos et Enugu ont généré en 2025 assez de recettes internes pour couvrir leurs dépenses courantes — 160 % pour Lagos, 377 % pour Enugu ; les autres États restent dépendants des transferts fédéraux.
Pourquoi c'est important
La Banque mondiale, dans son Nigeria Development Update d'octobre 2026 intitulé « Beyond the Federal Purse: How Higher Revenues Shaped State Priorities », indique qu'en 2025, seuls Lagos et Enugu ont généré suffisamment de recettes internes (IGR) pour couvrir leurs dépenses courantes — 160 % des dépenses courantes pour Lagos, 377 % pour Enugu — illustrant le fossé entre les États face à la dépendance aux transferts fédéraux.
Selon le rapport, les recettes internes des États couvraient en moyenne environ 40 % des dépenses courantes entre 2021 et 2023, puis environ 50 % en 2024 et 2025, mais la plupart des États dépendent toujours des allocations fédérales pour payer les salaires et faire fonctionner leurs administrations. Au total, les recettes internes des États ont progressé de 55 % en termes réels entre 2023 et 2025, portées par la numérisation des systèmes fiscaux ; Enugu a vu ses recettes passer de 25 à 209 milliards de nairas.
La Banque met en garde : les États incapables de financer leurs dépenses courantes avec leurs propres ressources courent un risque budgétaire important — si les recettes fédérales baissent, ils pourraient peiner à payer les salaires et à maintenir les services publics essentiels. Le rapport note aussi que les dépenses d'investissement des États ont augmenté de 151 % en termes réels entre 2023 et 2025, mais que les dépenses d'éducation et de santé ont progressé moins vite : la part de l'éducation est tombée de 14,9 % des dépenses totales en 2021 à 12,1 % en 2025.
Le directeur de la Banque mondiale pour le Nigeria, Mathew Verghis, estime que l'élargissement de la marge budgétaire des États est une occasion d'améliorer les infrastructures, l'éducation, la santé et l'eau, à condition de renforcer l'efficacité des dépenses et la redevabilité. La Banque prévoit une croissance moyenne de 4,4 % de l'économie nigériane entre 2026 et 2028 si les réformes se poursuivent.
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