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Los Angeles : la fumée de l'incendie d'Eaton a exposé 7 millions de personnes à des métaux toxiques, avec du plomb à 80 fois les niveaux normaux en 24 heures, selon une étude

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Une étude publiée dans Science Advances et rapportée le 29 octobre a établi que la fumée de l'incendie d'Eaton de janvier 2025 à Los Angeles a exposé environ 7 millions de personnes à des niveaux élevés de plomb et d'autres métaux toxiques, avec des concentrations de plomb 80 fois supérieures aux niveaux atmosphériques normaux sur 24 heures; le panache a couvert l'est de Los Angeles et la vallée de San Gabriel, touchant environ 70 % de la population du comté. Les chercheurs estiment qu'il faut repenser la politique d'évacuation pour l'exposition à la fumée.

LOS ANGELES — Une nouvelle étude rapportée le 29 octobre a établi que l'incendie d'Eaton de janvier 2025 a fait plus que brûler des habitations : sa fumée a exposé environ 7 millions de personnes à des niveaux élevés de plomb et d'autres métaux toxiques en suspension dans l'air. L'incendie a détruit plus de 9 400 bâtiments et tué 19 personnes; l'étude, publiée dans la revue Science Advances, est la première à quantifier en temps réel la composition chimique de la fumée d'un brasier urbain — des substances toxiques libérées par la combustion d'habitations, d'appareils électroniques, de voitures et d'infrastructures, transportées par le vent loin de la zone brûlée.

En 24 heures : du plomb à 80 fois les niveaux normaux

Sur une période de 24 heures, les chercheurs ont mesuré dans la fumée des concentrations de plomb 80 fois supérieures à celles normalement présentes dans l'atmosphère; les capteurs ont également détecté des niveaux fortement élevés d'arsenic et d'autres toxines. Le plomb est une neurotoxine, particulièrement nocive pour les enfants. Le panache a couvert l'est de Los Angeles et la vallée de San Gabriel et a touché environ 70 % de la population du comté de Los Angeles — l'exposition a donc largement dépassé les riverains de l'incendie, pour atteindre des millions d'habitants ordinaires. Nga Lee (Sally) Ng, coauteure de l'étude et professeure de science et de génie de l'environnement à Caltech, a souligné que l'exposition chronique à des métaux comme le plomb est bien étudiée, mais que les effets sanitaires d'une exposition de courte durée à des toxines aéroportées fortement concentrées restent largement inconnus.

Pourquoi cette mesure a été possible : un réseau de capteurs mis en service quelques mois auparavant

La mesure a été possible parce qu'un site de surveillance de Los Angeles du réseau ASCENT (Atmospheric Science and Chemistry Measurement Network) se trouvait par hasard sous le vent de l'incendie d'Eaton — et que ce réseau n'avait été mis en service que quelques mois avant l'incendie. Financé par la National Science Foundation, ASCENT exploite des stations dans tout le pays qui mesurent en temps réel les composants chimiques et la taille des particules en suspension dans l'air. L'auteure principale, Haroula Baliaka, doctorante à Caltech au moment de l'étude, a indiqué que le système permettait aussi de suivre l'évolution de la composition toxique de la fumée au fil de l'incendie, aidant les chercheurs en santé à cerner les effets des brasiers urbains. Une lacune subsiste : en raison de la direction du vent, le site n'a pas pu recueillir de données sur l'incendie de Palisades, qui s'était déclaré à une cinquantaine de kilomètres de là quelques heures plus tôt le même jour.

La suite : des zones d'évacuation pour la fumée elle-même

La suggestion politique de Baliaka mérite l'attention des décideurs : si la fumée toxique peut toucher des personnes éloignées de la zone brûlée, la planification des évacuations devra peut-être dépasser le périmètre de l'incendie. Elle a déclaré qu'elle pouvait envisager à l'avenir des zones d'évacuation pour l'exposition à la fumée, et averti qu'il ne s'agissait pas d'un événement isolé mais d'une nouvelle réalité à laquelle il faut s'adapter au plus vite. Pour les habitants de Los Angeles, l'enseignement pratique n'est pas la panique — les chercheurs eux-mêmes soulignent que les conséquences sanitaires à long terme d'une exposition brève et fortement concentrée restent inconnues — mais un rappel : le rayon de nuisance d'un incendie urbain dépasse largement sa ligne de feu, et les habitants situés sur la trajectoire d'un panache de fumée ont eux aussi besoin de consignes de protection, et pas seulement les foyers en bordure de l'incendie.

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