Montréal : le syndicat policier contestera le renvoi de 7 agents du SPVM, jugeant la procédure sans précédent

Le syndicat des policiers de Montréal a annoncé le 4 novembre qu'il contestera le renvoi administratif de sept agents du SPVM, en s'attaquant à la procédure elle-même — jugée arbitraire et sans preuve — plutôt qu'aux renvois en tant que tels.
MONTRÉAL, 4 novembre — Le syndicat représentant les policiers de Montréal affirme qu'il contestera le renvoi de sept membres du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le président du syndicat, Yves Francoeur, a écrit dans un communiqué aux membres que ces renvois soulèvent « des questions fondamentales de droit ». Sur les ondes du 98,5 FM le 4 novembre, il a précisé que le syndicat contesterait la procédure, qu'il qualifie d'arbitraire, plutôt que les renvois eux-mêmes, faute de preuve. (Photo d'archives d'agents du SPVM, et non des agents concernés.)
Comment les renvois administratifs ont fonctionné
Le chef du SPVM, Fady Dagher, a annoncé les renvois le lundi 2 novembre, en raison d'allégations de conduite discriminatoire et raciste et de tort causé à des personnes vulnérables. Après avoir consulté les avocats de la Ville de Montréal, le SPVM a révoqué les accréditations des sept agents, ce qui a entraîné leur renvoi automatique, a rapporté Radio-Canada. Dagher a indiqué que les policiers doivent faire preuve de bonnes mœurs et d'une bonne réputation pour conserver leur accréditation, une norme que les sept ne respectaient plus ; l'article 115 de la Loi sur la police du Québec fait des bonnes mœurs l'une des conditions minimales d'embauche d'un policier. Dagher a qualifié cette mesure d'une première pour le corps policier et a reconnu que les agents pourraient demander leur réintégration, auquel cas le SPVM les renverrait devant son comité de discipline, a rapporté La Presse canadienne.
L'origine des allégations
Les allégations remontent à juin 2026, lorsque 16 agents du poste 39 ont été accusés d'actes racistes lors d'interpellations, a rapporté CBC News. Les sept agents renvoyés provenaient des postes 39 et 21. Le SPVM a transmis les informations de son enquête au bureau du procureur de la Couronne, qui décidera si des accusations criminelles sont portées ; la procédure criminelle est distincte des renvois administratifs.
Réactions du syndicat et de la communauté
Dans son communiqué, traduit par CBC News, Francoeur a écrit : « Cela a été fait par une méthode totalement inconnue dans notre histoire de relations de travail. » Il a ajouté que le droit du travail « ne peut pas être réécrit unilatéralement » par l'employeur, tout en réaffirmant que les actes allégués, s'ils étaient avérés, violeraient les valeurs policières. Les groupes communautaires ont salué les renvois tout en les jugeant insuffisants : Beverly Jacques, directrice de la Coalition Pozé, a qualifié les renvois de bon début tout en se demandant si des accusations criminelles suivront, et le travailleur social et artiste Ricardo Lamour réclame que les agents soient nommés, affirmant que la police de Montréal doit rendre des comptes à la population. À l'hôtel de ville, le parti d'opposition Projet Montréal a estimé que le renvoi de sept agents n'était que le strict minimum et ne réglait pas le problème de fond ; certains groupes réclament une enquête publique indépendante, tandis que le ministre québécois de la Sécurité publique, Guy Lapointe Jr., n'est pas encore prêt à franchir ce pas, a rapporté CTV News.
(Sources : Canadian HR Reporter / CBC / Radio-Canada / La Presse canadienne, 4 novembre 2026 ; ce site a rapporté les renvois eux-mêmes le 3 novembre.)
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