Une juge fédérale déclare illégal le transfert par le DOJ des données électorales à l'ICE, à trois semaines des midterms

La juge fédérale Sparkle Sooknanan a jugé que le transfert par le département de la Justice des listes électorales des États à Homeland Security Investigations violait le Privacy Act ; au moins 16 États ont volontairement partagé leurs données.
Pourquoi c'est important
À trois semaines des élections de mi-mandat de novembre, la juge fédérale Sparkle Sooknanan (district de Columbia) a jugé la semaine dernière que le transfert par l'administration Trump d'informations personnelles sensibles sur des millions d'électeurs à Homeland Security Investigations (HSI, sous-agence de l'ICE) était illégal — un nouveau revers dans plus d'un an de batailles juridiques entre le département de la Justice et des dizaines d'États et d'associations de défense du droit de vote.
Le jugement
La juge Sooknanan a écrit que les arguments juridiques du département de la Justice suggéraient que « chaque citoyen américain qui s'inscrit sur les listes électorales fait l'objet d'une enquête pour fraude électorale simplement parce qu'il s'est inscrit ». Elle a jugé que les transferts à l'ICE violaient le Privacy Act, qui restreint la collecte et le partage de données personnelles par les agences fédérales, et a averti que le ministère ne pouvait pas contourner les protections de la liberté d'expression de la loi en lançant une enquête « au filet » sur l'ensemble du pays.
L'ampleur des données transférées
Le département de la Justice a perdu au moins 23 procès devant des tribunaux fédéraux visant à forcer les États à remettre leurs données électorales. Malgré cela, au moins 16 États ont volontairement fourni leurs listes d'électeurs, selon le Brennan Center for Justice de l'université de New York : Alabama, Alaska, Arkansas, Floride, Indiana, Iowa, Louisiane, Mississippi, Nebraska, Ohio, Oklahoma, Caroline du Sud, Dakota du Sud, Tennessee, Texas et Wyoming. Des rapports internes de HSI publiés la semaine dernière par l'organisme de surveillance Democracy Forward montrent que l'agence a reçu près de 51 millions de dossiers du département de la Justice dans le cadre de ses enquêtes sur « l'intégrité électorale ».
Réactions et suite
La poursuite a été intentée en avril par l'association Common Cause et un groupe d'électeurs. Sa présidente, Virginia Kase Solomón, y a vu « une victoire pour les électeurs ». La porte-parole du ministère, Kiersten Pels, a seulement indiqué que le ministère « examinait le jugement ». Lundi, le DOJ a annoncé des accusations de fraude électorale contre 16 personnes, dont 13 non-citoyens. Par ailleurs, la juge fédérale Paula Xinis (Maryland) doit statuer sur les « listes de citoyenneté des États » issues du décret de mars de Trump ; une exigence de préavis de 30 jours empêche de fait leur remise aux États avant les midterms.
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