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Technologie américaine

Une équipe du MIT va créer un patch portable pour détecter plus tôt l'insuffisance cardiaque et la septicémie

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Une équipe dirigée par le MIT a obtenu jusqu'à 38 millions de dollars de l'ARPA-H pour un projet de quatre ans visant à mettre au point un patch alimenté par la chaleur corporelle, qui surveillera en continu les biomarqueurs de l'insuffisance cardiaque et de la septicémie.

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a annoncé le 4 novembre qu'une équipe dirigée par ses chercheurs a reçu jusqu'à 38 millions de dollars sur quatre ans de la part de l'Advanced Research Projects Agency for Health (ARPA-H) des États-Unis, afin de mettre au point un patch non invasif qui surveillera en continu les biomarqueurs de l'insuffisance cardiaque et de la septicémie, dans le but d'aider les cliniciens à poser un diagnostic avant que ces maladies ne causent des dommages irréversibles.

Comment fonctionnerait le patch

Le projet, baptisé PYTHIA — pour « predictive platform for physiological and therapeutic health intervention and adaptive management » — surveillerait les biomarqueurs présents dans le liquide interstitiel, le liquide situé sous la peau, et serait alimenté par la chaleur du corps du patient. Comme ces biomarqueurs sont présents en très faibles concentrations, le système lierait d'abord certaines substances chimiques aux molécules des biomarqueurs pour les rendre plus faciles à identifier, puis les mesurerait grâce à la microélectronique avancée du patch. Les mesures étant continues et générant d'énormes quantités de données, le patch intégrerait aussi des modèles d'intelligence artificielle embarqués pour transformer les relevés bruts en informations utilisables par les cliniciens.

Le chercheur principal Ahmad Bahai, professeur de pratique au département de génie électrique et d'informatique du MIT, compare cette technologie au fait pour un patient de subir automatiquement une analyse de sang environ toutes les 15 minutes. L'équipe commencera par développer et tester les composants électroniques de la minuscule puce à faible consommation, puis fera progresser le dispositif à travers des essais précliniques et cliniques, jusqu'à une version pouvant être produite à l'échelle commerciale.

Pourquoi ces deux maladies

Selon les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis, les maladies cardiaques sont la première cause de décès aux États-Unis, tandis que la septicémie tue au moins 350 000 adultes américains chaque année et constitue la première cause de décès à l'hôpital. Bahai a expliqué que l'équipe a ciblé ces deux maladies parce qu'elles sont très mortelles et que la détection précoce de leurs biomarqueurs pourrait réellement améliorer le diagnostic et le traitement ; le dispositif pourrait aussi suivre la convalescence d'un patient après sa sortie de l'hôpital et aider les cliniciens à concevoir des thérapies plus efficaces.

PYTHIA est issu du Programme du MIT pour les sciences de la santé et les semi-conducteurs, cofondé par Bahai il y a trois ans. L'équipe comprend également les professeurs du MIT Joel Voldman, Tim Swager, Hadley Sikes et Colin Stultz, ainsi que des collaborateurs cliniques et industriels. Le projet est financé par le programme Delphi de l'ARPA-H, dirigé par le gestionnaire de programme Leonard Tender. Le MIT souligne qu'il s'agit d'un programme de recherche : le dispositif devra passer des essais et des étapes réglementaires avant tout usage clinique, et ce n'est pas un produit disponible à l'achat.

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