Les États-Unis sanctionnent huit entreprises canadiennes de transfert d'argent liées à l'Iran et au blanchiment

Le Trésor américain (OFAC) a sanctionné huit entreprises canadiennes de services monétaires, accusées de convertir des rials iraniens en cryptomonnaies, de traiter avec des plateformes iraniennes sanctionnées et de blanchir l'argent du trafiquant Ryan Wedding.
Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Trésor américain a annoncé le 6 novembre la sanction de huit entreprises de services monétaires basées au Canada, accusées de faciliter le régime iranien, de contourner les sanctions par les cryptomonnaies et de blanchir des produits du trafic de drogue. Cette mesure s'inscrit dans l'opération « Economic Outcast », une campagne du Trésor lancée en août pour couper les circuits financiers qui soutiennent le régime iranien et le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC).
Les huit entreprises
Six des huit entreprises sont basées en Ontario et deux en Colombie-Britannique, deux d'entre elles indiquant aussi une adresse à Montréal : Diverse Trade Inc (sous le nom Million Exchange, à Richmond Hill, Toronto et Montréal), 1380079 BC Ltd (Amin Exchange Vancouver, à North Vancouver et Montréal), Top PC Technician Inc (Amin Exchange Toronto, à North York et Thornhill), NIA Nations Currency Ltd (NIA Exchange, à Vancouver et North Vancouver), 2397639 Ontario Ltd (Farah Exchange, à North York), CCC Inc (sous les noms Sarafi C et Cryptoyal, à North York), B Galaxy Inc (Cryptoyal, à North York et Thornhill) et Darvish Exchange (Kanata MD Inc, à Richmond Hill et North York).
Les désignations reposent sur le décret 13902, qui couvre le secteur des actifs numériques de l'économie iranienne. L'inscription sur la liste des ressortissants spécialement désignés (SDN) bloque leurs avoirs aux États-Unis, interdit aux personnes américaines de traiter avec elles et expose les entreprises non américaines à un risque de sanctions secondaires.
Transactions avec des plateformes iraniennes sanctionnées ; blanchiment pour un trafiquant
Le Trésor accuse ces entreprises d'avoir converti des rials iraniens et d'autres devises en actifs numériques et d'avoir traité avec des plateformes iraniennes de cryptomonnaies sanctionnées, notamment Nobitex, Wallex, Bitpin, Ramzinex, Aban Tether et Shelbit.
Amin Exchange et Farah Exchange sont aussi accusées d'avoir blanchi des millions de dollars de produits du trafic de drogue pour Ryan Wedding, ancien snowboardeur olympique canadien devenu trafiquant en fuite, en convertissant des espèces en actifs numériques. Wedding a été arrêté à Mexico en janvier 2026.
Une action coordonnée avec le Canada
L'opération a été coordonnée par l'OFAC avec le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) américain et le Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE). Le même jour, le FinCEN a émis un ordre distinct exigeant des institutions financières américaines qu'elles coupent les transferts de fonds avec la plateforme de cryptomonnaies MEXC Global, citant au moins 16 milliards de dollars de transactions illicites, dont des flux liés à l'Iran, à la Corée du Nord et à la Russie ; cette interdiction prendra effet 30 jours après la publication de l'ordre au Federal Register.
Sources : communiqués du Trésor américain (6 novembre 2026, sb0685 et sb0686) ; désignations de l'OFAC ; Reuters ; Cointelegraph.
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